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 Wilma Falkenbach

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WilmaFalkenbach
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Messages : 14
Date d'inscription : 24/09/2013

MessageSujet: Wilma Falkenbach   Mar 24 Sep - 12:47



FALKENBACH WILMA


Nom : Falkenbach
Prénom : Wilma (prononcer Vilma)
Surnom : -
Age : 21
Sexe : Féminin
Yeux : bleu
Cheveux : Blonds
Taille : 1m72
Poids : 56  kg (avant l'accident)
Groupe Sanguin : A+
Signes particuliers : Bras droit robotique (Recht)

Classe : Scientifique
Classe secondaire : Cybernéticienne

Compétences :
- Intelligence niveau 3
- Connaissance de l'anatomie niveau 3
- Connaissance de la robotique niveau 3
- Soins niveau 2
- Connaissance des drogues
- Connaissance des médicaments
- Connaissance des réparations

Inventaire : un portefeuille avec ses papiers, argent etc...  et son bras robotique, Recht, qui est un véritable couteau suisse équipé des outils dont elle pourrait avoir besoin (tournevis, scalpel, arc à souder etc... tout ce qui est nécessaire à son travail).

Alignement : Loyal Neutre (LN)



Caractère psychologique :

Wilma n'a jamais eu mauvais fond. Elle avait simplement les mauvais repères. C'est avec plaisir qu'elle aide son prochain, quel que soit le camp auquel il appartient.
Arienne pure souche, mais vraiment, la plus pure souche ! Elle a néanmoins été amenée à remettre en cause tout ce qu'elle croyait vrai à la suite de l'accident qui lui coûta son bras droit.
Elle a conscience de sa supériorité, mais n'en prend pas pour autant la grosse tête. Curieuse, elle est encore pleine des à priori raciaux avec lesquels on lui a bourré le crane 21 ans durant, mais ne demande qu'à être contredite sur ces points.
Après avoir elle même subit la discrimination, elle ne porte plus de désormais de jugement que sur ce qu'elle a pu personnellement constater.
C'est une jeune fille belle, sensible et foutrement intelligente qui croit en une chute du Parti de manière la manière la plus pacifique possible. (Oui, c'est vrai, elle est aussi un peu naïve).

Histoire :

Debout, seule face à un jury de 6 des plus éminents cerveaux du Parti, Wilma présentait le projet sur lequel elle travaillait depuis longtemps, avant même d'intégrer cette université.
Derrière elle se trouvait un amphithéâtre plein. Des industriels, des membres du gouvernement, ses camarades, ses amis, sa famille... Les deux centaines de places étaient quasiment toutes occupées. Dans quelques heures elle sortirait la tête haute. Major de la promotion de l'université la plus prestigieuse du Parti.
Mais elle n'avait pas le trac. Tout cela n'était que la normalité. C'est génétique.

Lorsque ses parents ont souhaité un enfant, sont père, haut placé dans le Parti lui a fait bénéficier de ce qui se fait de mieux en génétique. Elle était une véritable proto-arienne, l'Eugénisme poussé à l'extrême. Son physique, sa condition et son intellect sont tout simplement parfaits.
Toute sa vie n'a été que réussite, mais elle n'en tirait pas la moindre fierté, c'était la normalité même. Elle était née pour être parfaite, et elle n'a jamais manqué de le rappeler à ceux qui l'entouraient.

Elle n'a fréquenté que les meilleures écoles, les plus onéreuses, certes, mais les plus prestigieuses. Elle était toujours plus jeune que ses camarades, mais toujours plus intelligente, plus brillante, plus mature.
Rigoureuse, méticuleuse, et foutrement intelligente, elle était toujours 1ère de la classe.
Et sa supériorité fait qu'elle l'aurait été même si elle avait été partisane du moindre effort. Mais ce n'était nullement le cas.

A ses yeux, un 19 est un échec, c'est que l'erreur est présente. Et elle n'a pas été programmée pour faire des erreurs. Son ADN lui même n'en contient pas une seule.
Et depuis toujours elle fait la fierté de ses parents. Et tout particulièrement de son paternel.

Et il était là, derrière elle, au premier rang, en uniforme, aux côtés de colonels, directeurs et autres fonctionnaires d'état. Respecté, mais aussi très craint. Craint car il était de ceux qui dirigent la branche la plus extrême du Parti. Parfois même considéré comme un fanatique.

Et il la regardait, et elle sentait dans son dos le regard dur et rempli de fierté de celui qu'elle appelait père. Celui à qui elle devait d'être ce qu'elle est, et le seul à côté de qui elle se sentait petite. Minuscule, comme se placer aux côtés d'une immense, gigantesque montagne.

En comparaison, le jury face à elle lui paraissait dérisoire. Elle n'avait rien à leur prouver. Dans quelques années, brèves, ils viendraient tous lui demander conseil. Et elle leur en dispenserait, autant qu'elle le peut, et ils la remercieraient, lui rappelleront combien elle est brillante, et elle n'en tirerait là non plus pas de fierté, car ce serait simplement normal.

Elle leur expliquait maintenant son travail depuis près de 3h. Deux des six juges avaient décroché, elle le savait. Ils regardaient leur montre et hochaient la tête, mais elle voyait dans leur yeux qu'ils avaient perdu le fil de ses calculs depuis bientôt 45 minutes.

Son travail était un modèle d'exo-armure semblable en plusieurs points aux super-armures utilisées par les pontes de l'armée. Sauf que celles ci sont destinées aux civils. Les civils travaillant pour le Parti, bien entendu. Bien qu'une déclinaison militaire soit tout à fait envisageable.

L'intelligence artificielle intégrée, qu'elle avait elle même développée, était directement reliée au système nerveux du porteur, via une connexion matricielle. Cela améliore de près de 500% la force, le temps de réaction et la précision du porteur.
Portant elle même l'exo-armure pour sa démonstration cela fut facile à prouver, et comme escompté, la présentation spectaculaire fut du plus bel effet aux yeux du publique comme du jury.

L'intelligence Artificielle Évolutive avait elle pour but de ne plus prendre en compte l'intelligence de la personne qui la porte, mais bien de réfléchir par elle même, et de s'adapter aux situations. Rendant les travaux manuels, comme la construction par exemple, beaucoup plus simple : nul besoin de l'expliquer, il suffirait de charger les consignes dans l'armure, et l'armure la chargerait de la même manière dans l'esprit. L'apprentissage est plus rapide, la perte de temps, et donc d'argent, moindre. L'efficacité améliore la vitesse de travail et diminue le besoin de personnel.

Bien entendu, cela permet aussi un contrôle total des employés, l'armure pouvant être bloquée en cas d'urgence, permet ainsi d'éviter de les rendre abusivement dangereuse en cas de soulèvement.

Connaissant la méfiance des gens envers les IA depuis l'apparition du Mecha-Man, la dernière sécurité est une destruction des systèmes électriques en cas d'intrusion ou de contact avec une autre IA. Bloquant l'armure et, probablement, grillant le cerveau du porteur.
Simple dommage collatéral.

Wilma en était donc à l'explication mathématique et schématique de ses travaux, lesquels étaient bien sûr parfaits et sans erreur, tout comme sa prestation.

Parfait, jusqu'à ce qu'un bruit mécanique imprévu se fasse entendre, suivi de hurlements dans le publique, et les juges écarquillèrent les yeux. Ceux qui somnolaient se réveillèrent d'un coup. La douleur arriva très vite ensuite, en même temps qu'un liquide chaud éclaboussait le blanc légèrement rosé de ses joues, et sous l'exo-squelette, elle sentit sa chemise devenir poisseuse.
Une seconde vague de douleur lui parvint de son côté droit, moins d'une seconde après la première, et son visage fut à nouveau éclaboussé.

Elle vit alors son armure, sa propre création, en train de la démembrer. Le bras tournait, allant à l'encontre de tous ses calculs, par à coups, brusques, rapides, lui dévissant littéralement le bras droit. Son bras avait déjà fait presque deux tour, et ses hurlements se joignirent à ceux du publique, et l'armure continuait, et une nouvelle gerbe de sans jaillit dans un craquement d'os et de métal. Et elle tomba au sol. Et elle hurlait de douleur.

Tout se passait trop vite. Pour la première fois de sa vie elle n'avait aucun contrôle, elle était dans l'incompréhension la plus total.
La commande de blocage était hors de sa portée, et son bras fit encore un autre tour. Elle n'en sentait plus que la douleur, rien d'autre.

Elle vit un membre du jury vomir, et sentait que sa chemise était maintenant totalement imbibée du liquide rouge et poisseux qui s'écoulait de ce qui était quelques secondes plus tôt son bras.
Et l'armure fit un autre tour. Le dernier, avant qu'un de ses camarade ne se précipite sur la commande de blocage. Celle ci fonctionna. Heureusement, mais c'était évident.

Wilma gisait au sol, agonisante, pleurant sa douleur, cependant que les industriels, les représentants de l'armée et du gouvernement se levaient de leur chaise pour gagner la sortie, totalement stoïques.
Sa mère cachait les yeux de son unique petit frère, tandis que son père la fixait, mais la fierté qu'elle ressentait une demi minute plus tôt avait laissé place à un mépris, un dégoût, une déception.
Il prit sa femme par le bras, calmement, et comme les autres membre du gouvernement, sorti de la salle sans se retourner vers sa fille.

Elle perdit conscience à ce moment là, son père venait de passer la porte, sa mère cachait toujours le visage de son frère, et aucun d'eux ne la regardèrent lorsque ses paupières se fermèrent, sans qu'elle n'ait eu le temps de comprendre ce qui s'était passé.

Lorqu'elle ouvrit les yeux, une semaine s'était écoulée. Elle ne mit que quelques secondes à remarquer que son bras n'était plus là. Mais bien plus à le réaliser.
Et elle fut prise de panique, si bien qu'il fallut deux infirmières et 3 doses de tranquillisant pour la calmer. Et ses deux réveils suivant se déroulèrent de la même façon. Au 4ème réveil, elle était sanglée, si bien que sa crise d'hystérie laissa le personnel dans la plus grande indifférence. Jusqu'à ce qu'elle se calme, et qu'un infirmier vienne lui parler.
Il était asiatique, pas arien : ses parents n'avaient pas chercher à la faire soigner dans un des grands hôpitaux du parti. Elle était avec le commun. Elle était traitée au même titre que les personnes de couleur, n'ayant même pas une chambre pour elle. Juste ici, au milieu des autres, dans la salle commune.

Elle apprit de lui que la seule personne à être venu prendre de ses nouvelles fut Friedrich, celui qui avait activé le blocage de l'exo-squelette, et qui lui avait fait la cour durant tout le temps où elle n'était encore qu'en médecine, avant de jumeler son cursus à la robotique, pour passer son doctorat de cybernétique. Et lui était venu chaque jour. Et elle regretta toute la froideur avec laquelle elle s'était toujours adressée à lui. Parce qu'il était juste moyen.
Sa famille, elle, n'avait même pas essayé de joindre l'hôpital.

Elle passa le reste de la journée à regarder le bandage à sa droite. Il ne lui restait guère plus qu'une épaule. Et encore...

Friedrich lui apprit qu'elle avait été recalée au diplôme, avec interdiction de le retenter, pour manquement aux règles de sécurité, et mise en danger de la vie de membres éminents du Parti.
Elle, le génie qu'elle était, elle et ses gènes sans le moindre défaut, ne recevrait jamais son diplôme.
Il passa une bonne partie de la journée à ses côtés, à essayer de lui faire penser à autre chose, mais elle ne souffla presque pas un mot, avant de finir par le congédier, de la laisser seule. Elle lui adressa en tout et pour tout une vingtaine de mots, et "merci" ne fut pas compris dans le lot.

Elle passa la soirée à pleurer en silence, jusqu'à ce que l'épuisement la gagne.
Les jours suivants se passèrent de la même façon, si ce n'est qu'elle se montrait de moins en moins froide avec Friedrich. Sa présence n'arrangeait pourtant rien au moral de Wilma. Elle n'était plus entière. Au sens propre, elle n'était plus que l'ombre d'un être humain, bonne à rien. Souillée.

Sa mère et son frère vinrent la voir la troisième semaine. Sa mère lui expliqua qu'ils avaient dû attendre que son père s'absente plusieurs jours. Il avait banni jusqu'à son prénom, et il avait donc interdit à sa femme et son fils de venir voir l'échec qu'elle représentait.
Sa mère passa la journée à pleurer. "Ma pauvre enfant, ma pauvre enfant..." mais Wilma remarqua qu'elle évitait soigneusement tout contact physique, et qu'elle empêchait son frère de trop l'approcher, comme si sa mutilation eut été contagieuse.
Son petit frère, lui Karl, n'était que question. "ça fait mal ? comment ça fait ?" ou des questions tout aussi innocente, mais empruntes de sens "mais tu es toujours ma grande sœur ?" Question à laquelle Wilma ne sut que répondre.
Était elle toujours une personne ? Était elle toujours digne d'être la sœur de cet enfant ?

Ces question continuèrent à la trotter toute la nuit, si bien qu'elle ne ferma pas l’œil une minute. Et pour la première fois elle regrettait que Friedrich ne soit pas là. Elle voulait connaître son avis.

Lorsqu'un visiteur fut annoncé le lendemain, elle avait préparé tout un tas de questions à poser à son camarade, il lui brûlait d'avoir une conversation avec lui.
Mais lorsque la porte s'ouvrit et qu'elle aperçu l'uniforme paternel, uniforme dans lequel elle trouvait son père si beau, si charismatique, lui apparaissait maintenant comme terrifiant.
L'ambiance était pesante. Il était là, tout en mépris et en dégoût exprimés si fort que c'en était tangible, debout dans le cadre de la porte, son regard allant des yeux perdus de sa fille au moignon qui fut autrefois un bras.
Et il resta ainsi deux longues minutes, sans qu'aucun ne dise un mot.

Il ne bougea que lorsqu'un médecin passa devant le lit de sa fille, le nez dans les dossiers numériques des patients, et lui attrapa le bras. Sous la surprise, le médecin lui aussi asiatique s'arrêta net.

Son père, sans la regarder, la désigna d'un mouvement de tête.

"Pourquoi ne l'avez vous pas encore euthanasiée ?"

Le médecin prit la parole, mais plus aucun son ne parvint aux oreilles de Wilma, et elle ne sorti de ses pensées que lorsque son père se dirigea vers elle, le médecin avait apparemment fini son speech.
Il resta quelques seconde debout, à côté de sa fille, encore sous le choc sans lui adresser une seule fois la parole. Il fixait le moignon, puis, sans prévenir, cracha au visage de Wilma, qui n'eut absolument aucune réaction. puis il tourna les talons et s'en fut.

Elle resta prostrée là sans bouger d'un pouce, pas même pour s'essuyer. Une infirmière le fit, asiatique elle aussi, et la rallongea doucement avant de lui changer son bandage. L'infirmière l'ignora lorsqu'elle éclata en sanglot, et elle passa la nuit, des question plein la tête. Celle posée par son frère était en tête de liste.

Sa famille ne revint pas la voir, même lors de sa rééducation, où on lui apprit à tout faire d'une main, et surtout, de la gauche.
Elle apprit à sympathiser avec le personnel de l'hôpital, remettant fortement en cause ses à priori raciaux inculqués au cours de ces 21 dernières années.
Elle recommençait à se connecter au monde qui l'entourait, ses communication et différents message laissés en attente.
Elle découvrit ainsi que c'est Friedrich qui prenait les soins à ses charges. Ses parents les lui ayant refusé, elle serait vite morte d'une hémorragie sans le soutien de son ami.

Après trois mois passés à la clinique, elle fut invitée à partir et à terminer sa rééducation seule. Son ami l'aida à affronter les regard le premier jour. Et malgré tout cela fut douloureux pour elle. Douloureux mentalement.

A la vue de sa manche vide, les passants se détournaient, se poussaient, parfois même l'insultaient ou lui jetaient ce qu'ils avaient sous la main. d'autre l'ignoraient juste, mais elle n'aurait sû dire si c'était volontaire ou par inattention.
Et leur réactions ne cessaient de lui faire se poser toujours plus de questions. La perte de son bras la rendait-elle à ce point inférieur ?

Toutes ces personnes qu'elle croisaient et qui exprimaient leur dégoût ne passeraient probablement leur vie à ne rien faire d'autre que de consommer leur quantité d'oxygène dans cette atmosphère artificielle avant d'expirer leur dernier souffle. Mais elle... Elle, son cerveau, ses gênes, lui donnent le pouvoir de créer, de changer le monde qui l'entoure, en bien ou en mal. Et son bras manquant change-t-il réellement quelque chose à sa supériorité ?
Et que valaient ces gens face au médecins pourtant loin d'être ariens de la clinique ? Ces derniers sauvaient des vies, savaient pour certains opérer à cœur ouvert, tandis que tous ces êtres soi disant supérieurs sont incapable de faire quoi que ce soit eux même... Ils vivent en se servant du fruit du travail des autres.
Et elle avait conscience de faire partie de cette deuxième catégorie.

5 ans de travail pourquoi ? Créer une machine qui permettrait à ces créature pseudo supérieures crées à l'aide d'une orgue génétique de contrôler plus efficacement ceux qui travaillent pour eux... Pour leur confort, Pour son confort.

Au fur et à mesures de ses réflexions, Wilma voyait de plus en plus sa mutilation comme un signe, un message qu'elle était sur la mauvaise voix. Mais 21 ans d'éducation ariène ne sauraient être totalement défaits par quelques interrogations.

Non, c'est le retour à son domicile qui termina de la convaincre. Le retour à son domicile, le toit sous lequel son paternel vivait aussi. Et le début d'un enfer.

Lorsque la navette la déposa chez elle, elle constata immédiatement, par la fenêtre, qu'il y avait eu du changement dans sa chambre. Et elle n'eut le temps d'atteindre la porte que son père l'ouvrait déjà.

Après avoir longuement regardé sa manche vide, il fit signe à Friedrich, qui l'accompagnait, de déguerpir. Et quand le paternel donnait un ordre, il valait mieux le suivre. Alors Friedrich déguerpit, non sans adresser un signe de bon courage à Wilma.

Sans un bonjour, son père lui déclara que sa chambre était occupée, ils s'en étaient servis pour loger la bonne, plus esclave que bonne par ailleurs, et Wilma comprit immédiatement qu'elle avait à ses yeux moins de valeur que la personne que son père traitait comme un animal.

Sans un mot il la conduisit à ses nouveaux appartements : la pièce qui lui servait avant d'atelier. Elle aussi avait été vidée. Plus une seule étagère, plus la moindre décorations. Trois des murs étaient nus, et un immense drapeau arborant la croix gammée ornait le dernier.
Et au centre, son exo-squelette, celui là même qui lui avait coûté un bras, encore imprégné de sans, dont l'odeur remplissait la pièce. Le bras droit était encore vrillé, et son père n'avait même pas pris la peine de retirer les lambeaux de chair et de vêtement resté coincés dans le métal plié.

La seule vue de sa création la lançait dans le bras qu'elle ne possédait plus.

En dehors de ça, la pièce contenait le lavabo, présent ici depuis toujours, un matelas (celui de son lit, mais sans le sommier) sans draps, sans oreiller, avec une simple couverture, un de ses nombreux ordinateurs (Elle fut soulagée de constater que c'était le principal, celui sur lequel ses travaux, ses plans étaient centralisés), et un seau... un putain de sceau... même un animal était mieux traité.

Elle n'eut même pas le temps de protester que son père l'avait déjà poussée à l'intérieur et fermé la porte derrière elle. Wilma comprit immédiatement qu'il ne voulait pas qu'elle lui fasse l'affront de se montrer en publique, de jeter la honte et l’embarras sur la famille. De montrer au monde que leur fille aînée, fierté parmi les fierté, vantée depuis 21 ans comme le joyau de la famille, n'était qu'un détritu, une parodie d'être humain.

Elle resta sur son matelas 3 jours au moins. Mais elle n'était plus prostrée. Elle était dans le flou, dans l'interrogation.
C'est son intelligence qui a fait d'elle ce qu'elle est. Les gênes qu'elle a la chance d'avoir. Et ceux ci sont restés les mêmes. Ce qu'elle avait perdu, ce n'était que de la peau, des muscles, et des os. Mais en aucun cas ses gênes n'avaient été amoindris. en aucun cas son QI n'avait diminué. Non, elle avait seulement perdu sa symétrie, et un outil. Et les outils se remplacent.

Les jours où son père était absent, elle avait le droit de manger à la table familiale. Elle voyait bien que sa mère n'osait jamais la regarder en face, détournait le regard chaque fois que Wilma la regardait. Mais son frère avait encore cette innocence de l'enfance, et il ne comprenait pas. Et il faisait tout pour aider sa sœur, qui elle faisait tout pour tout faire toute seule. Alors ils se chamaillaient, et elle en arrivait à oublier que son bras manquait.

Quand elle n'était pas enfermée dans sa cellule quand son père arrivait, les réactions différaient selon l'humeur. Parfois il se contentait de la regarder, et d'elle même elle retournait dans sa cage. parfois il la giflait, ou haussait simplement le ton. Souvent il la giflait à bien y réfléchir. Et toujours il la regardait, avec ce constant dégoût.

Enfermée, Wilma passa les premières semaines à revérifier tous ses calculs, un à un, sans y déceler la moindre erreur. Elle les vérifia tous au moins trois fois, méticuleusement. Mais jamais elle ne décela d'erreur.
Elle ne faisait plus attention à l'odeur environnante, un mélange de chaire moisie et d'excréments, et continuait à chercher la source de l'erreur qui lui coûta un bras.

Elle finit par la trouver en examinant individuellement chaque composant du matériel :
Une puce, un limitateur, défectueux, avait vu sa puce fondre durant la présentation. Ces objets garantissent une durée de vie de 10 ans, et il avait lâché lors de la première présentation en publique. Et ce matériel était la preuve de son innocence. La preuve qu'elle n'avait, une fois de plus, fait aucune faute. Et elle voyait dans cette puce à peine plus grosse qu'un de ses ongles un salut. Une seconde chance au diplôme, et l'amour de son père.

Elle frappa la porte autant qu'elle put, aussi fort qu'elle le pouvait, pour attirer l'attention. Lorsqu'elle s'ouvrit les trois membres de la famille Falkenbach étaient là, debout, et la regardaient, ahuris.

Et elle leur expliqua. Sa mère porta ses mains à son visage, et son père porta une main au visage de Wilma. Et l'impact fut si fort qu'il sembla même sonner sa mère et son frère. Mais elle ne réagit pas. La puissance de la gifle l'avait faite tomber, et un goût de sang se faisait sentir dans sa bouche. Et elle regardait son père, dans la plus totale incompréhension.

Alors il lui expliqua, et elle comprit. La cause de l'échec n'importait pas. Peu importe la sauce du désastre, Wilma avait jeté la honte sur sa famille. Son père n'était plus vu que comme le père de l'estropiée. Et si cela avait été n'importe qui d'autre, cela aurait été différent. N'importe qui, même son frère ou sa mère. Mais pas elle. Parce que ses gênes étaient une perle rare. Le Führer lui même ne pourrait obtenir d'enfant plus parfait, même s'il le désirait de tout son cœur.

Et la conception de Wilma avait coûté une immense fortune, ainsi qu'un énorme tour de main de la part de son père, qui avait joué de ses nombreuse influences pour obtenir l'enfant qu'elle était.

La création de Falkenbach père avait été ravagée par une erreur d'inattention. Et elle était en vie uniquement à cause de la valeur de ses gênes. Elle n'était rien de plus. Un investissement qu'il allait maintenant falloir rentabiliser.

Il la renferma ensuite dans sa prison, et ce furent les derniers mots qu'ils échangèrent avant des mois.

Ces mois, elle les passa à modifier son exosquelette. Il contenait à lui seul tout ce qui lui était nécessaire à une nouvelle création : un bras mécanique, directement relié à son système nerveux, en utilisant la technologie matricielle qu'elle avait mise au point.

Les jours où son père était absent, sa mère lui autorisait à inviter Friedrich, car il l'aidait là où elle avait besoin de mains supplémentaires. Notamment pour fixer sa nouvelle prothèse.
Il dérapèrent aussi, et une fois ou deux ils couchèrent ensemble, et il ne semblait pas tenir grande rigueur du bras manquant.

Les 4 premiers essais ne furent que moyennement récompensés, la vitesse de réaction de son nouveau bras étant extrêmement lente. Mais elle était déjà en fête. Car elle avait un nouveau bras !

Au 5ème essai, elle essaya d'intégrer son IA au bras, et ce fut un fiasco, l'IA n'étant pas forcément d'accord avec les signaux envoyés par le système nerveux de Wilma, avait tendance à se déconnecter, interprétant ces signaux comme des intrusion.

Le 6 ème essai fut un succès total. Elle avait séparé les réflexes de l'IA de la réflexion qui elle était isolée, ne pouvant s'exprimer que par la parole, n'ayant plus de réel contrôle sur le bras.
Elle baptisa son IA "Recht".
Et elle gagnait en plus en assistant une IA évolutive qui pourrait conserver pour elle ses données, ses plans, et même ses conversation.

Elle mit un temps à s'adapter à ce nouveau bras. Bien plus puissant, normal, car mécanique. Et elle dût apporter un bon nombre de modification au fur et à mesure. La première fut de mettre une option "muet" sur son assistant, qui ne sais réfléchir autrement qu'à voix haute.
Et cela pouvait être embarrassant, car elle lui racontait ses doutes.

Quand il venait Friedrich, lui, racontait ses nuits de garde à la clinique. Ce n'était pas une clinique nazie, car il n'était pas assez brillant. Mais il semblait parfaitement heureux là où il était, et la façon qu'il avait de lui parler de ses collègues, parfois basanés, parfois asiatiques, ou plus exotique, lui donnait envie de les rencontrer. Et au fur et à mesure des instants passés avec lui, ses à priori devenaient curiosité. Tandis qu'au fur et à mesure des conversations qu'elle entendait entre son père et sa mère, ce qu'elle considérait comme normal la dégoûtait de plus en plus.

Elle était à table avec sa famille lorsque son père revint d'un déplacement de plusieurs jours.
Depuis qu'elle avait son bras, sa mère osait à nouveau croiser son regard. Et son frère aimait jouer avec Recht. Il lui posait des question et lui apprenait des gros mots comme s'il avait été un enfant étranger. Ils étaient tous les trois en train de rire lorsque son père fit irruption dans la salle à manger. Et le silence s'installa.

Son regard était celui d'un homme découvrant une trahison. Chacun eu droit à sa gifle, mais il ne s'attendait pas à entendre un "ouch j'aurais pas aimé me la prendre celle là !" d'une voix robotique. Cela fit rire le frère de Wilma, et Wilma aussi, mais sur un bref instant seulement.

Son père entra dans une rage noire, et s'ensuit une dispute comme jamais, et lui et Wilma se hurlèrent leur 4 vérités. Et parmi le flot d'insultes et les menaces de gifles, on pouvait déceler une chose : les deux étaient profondément attachés l'un à l'autre, et les deux voulaient voir les choses redevenir comme avant, tout en sachant que c'était impossible.

Lorsque son père lui hurla qu'il n'y aurait jamais de place pour une estropiée dans son Parti, elle rétorqua immédiatement que si le Parti ne savait pas reconnaître le génie, alors elle ne souhaitait pas en faire parti. Et un silence de mort s'installa.

Les derniers mots qu'elle entendit de son père furent "va t'en". Prononcés dans le plus grand calme, avec un regard meurtrier. Et elle ne se fit pas prier. juste le temps de récupérer le peu de vêtements qu'il lui restait, de charger dans Recht le contenu de son ordinateur, et d'embrasser son père et sa mère.

Lorsqu'elle ouvrit la porte, son père lui tournait le dos. Elle lui dit qu'elle l'avait toujours aimé et qu'il avait toujours été pour elle un modèle, mais qu'elle aurait aimé qu'il comprenne que même sans ces kilos de chaire et d'os, elle restait Wilma, sa Wilma. Mais il ne répondit rien.
Alors elle s'en alla, les larmes aux yeux, se retournant plusieurs fois. Mais pas son père. Pas une fois.

Il était tard dans la nuit, et les rues étaient déserte. Elle entendait à deux rues d'ici une patrouille, et voyait en face d'elle un des immense drapeau de l'Eisnadler. Rouge, blanc, noir. Et elle se dit que c'est ce drapeau, ces stupides convictions politiques qui lui ont enlevées sont père.
Et c'est sans réfléchir qu'elle tendit Recht vers le drapeau, et à l'aide de son arc à souder, y mit le feu. Le geste était plus lourd de sens qu'elle ne l'aurait souhaité, mais elle eut l'impression qu'elle n'avait jamais rien vu d'aussi beau.

Mais elle n'eut le temps de savourer le spectacle, les lumière s'allumaient au fenêtres, les bottes des soldat se rapprochaient, ainsi que les sirènes.
Était-ce dû à la chance, mais elle ne se fit pas interpeller. Sans doute, personne ne cherchait du côté des ariens. Et encore moins du côté de sa famille.

Elle parvint donc à s'éclipser sans ennuis, mais non sans quelques sueurs froides, et prit la première navette qu'elle trouvait qui l'emmenait chez Friedrich.
Ne pouvant lui masquer sa détresse, elle prit le risque de lui raconter ce qu'elle venait de faire, et il en eut les yeux comme des ronds de chapeau. Il la fixa quelques instant incrédule, puis finit par rire de bon coeur. Rassurée, elle rit avec lui, et il l'embrassa en signe d'approbation.

Il la fit entrer et l'invita à rester aussi longtemps que ça lui chanterait. Et ça lui chantait.
Elle lui re-raconta tout en détail, et cela sembla lui plaire. Tant et si bien qu'il commirent par la suite ensemble quelques actes de vandalisme. Des graffitis le plus souvent. Parfois plus graves, parfois moins. Moins pour l'excitation que pour le sentiment de se révolter pour la bonne cause.





DERRIERE L'ECRAN


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MessageSujet: Re: Wilma Falkenbach   Ven 27 Sep - 7:09

Re-bienvenu ! :Dchouette BG, tu es validé ! Wink
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